Depuis leur tentative de renversement de Saddam Hussein en mars 2003, durant la Présidence de GW Bush, les Etats Unis ont dépensé plus de 1000 milliards de dollars et perdu 4500 soldats en Irak avec l’espoir de faire de ce pays un solide point d’ancrage occidental dans un Moyen Orient hostile où ils ont de plus en plus de mal à endiguer l’expansionnisme de l’Iran.

A travers le pays, toutes les milices encadrées par l’Iran établissent un corridor pour y faire passer hommes et armements, dans le but d’aider le régime de Bachar El Assad en Syrie et le Hezbollah au Liban.

Tous les officiels irakiens au plus haut niveau sont en poste avec la bénédiction de l’Ayatollarchie iranienne.

Depuis le premier jour, les Iraniens ont vu leur possibilité de faire de l’Irak de Saddam Hussein qu’ils ont combattu dans une guerre qui a duré 8 ans (1980-1988), un tremplin pour étendre leur influence à l’ensemble du Golfe.

Dans ce contexte, l’Iran a gagné et l’Amérique a perdu.

Durant ces 3 dernières années, depuis la naissance de l’Etat Islamique, les Américains se sont concentrés sur leur combat contre Daech en Irak en y renvoyant 5OOO soldats supplémentaires pour aider les troupes irakiennes et les milices pro-iraniennes à reconquérir Mossul.

L’Iran n’a jamais perdu de vue son dessein n°1 : mettre la main sur son voisin irakien de telle façon qu’il ne puisse plus représenter la moindre menace militaire et lui permette de contrôler un corridor allant de Téhéran à la Méditerranée.

Cela dit, la domination iranienne ne fait qu’accroitre les tensions religieuses dans la région avec les pays sunnites comme l’Arabie Saoudite, alliés des Etats Unis qui font tout pour s’opposer à l’expansionisme iranien.

Mais attention, l’Irak n’est qu’une partie de la politique expansionniste de l’Iran. Le régime des Ayatollahs peut compter sur d’autres alliances qui lui permettent d’exercer son influence au Liban, en Syrie, au Yémen et même en Afghanistan avec les Talibans qui, depuis la réduction des forces de l’Otan décrétée par Barak Obama il y a 3 ans, regagnent du terrain.

L’Iran est un état Shiite. L’Irak est un pays à majorité Shiite qui était dirigée par une élite minoritaire Sunnite avant l’invasion américaine.

Rappelons que les racines du Schisme entre Sunnites et Shiites remontent à 1400 ans en arrière.

Mais aujourd’hui, le problème se pose autant au niveau géopolitique que religieux avec les divisions exprimées par différents états qui sont ennemis : les uns, alliés de l’Arabie Saoudite, les autres, alliés de l’Iran.

Aujourd’hui, l’influence dominatrice de l’Iran en Irak est à la fois militaire, avec le tout puissant Général Qassan Suleimani, politique, économique et même culturelle.

Politiquement, l’Iran a au sein du Parlement Irakien une majorité de députés qui lui sont inféodés et lui permettent de réaliser ses objectifs avec un Premier Ministre, Haidar Al Abadi, à sa botte.

La plupart des chaines de télévision sont financées par l’Iran et liées aux milices Shiites qui décrivent l’Iran comme le protecteur de l’Irak et les Etats Unis comme le Satan déstabilisateur.

Dans le but de contenir l’expansionnisme iranien, les Etats Unis de Donald Trump clament qu’ils vont maintenir sur place, en Irak, des troupes au-delà même de l’éradication de l’Etat Islamique.

Je ne suis pas certain que cela serve à grand chose d’autant plus que le Premier Ministre, dont ils croyaient qu’il était leur allié, est l’otage des Ayatollahs.

L’erreur des Américains, durant l’ère Obama, a été le retrait brutal d’une grande partie des troupes en 2011.

Cela a été le couronnement de l’échec d’une politique étrangère partagée par les administrations Bush Jr et Obama.

Les Iraniens, plus que jamais, exploitent le chaos qui règne dans la région pour étendre leur influence en Irak et au-delà.

A part le pétrole, l’Irak dépend de l’Iran à tous les niveaux.

L’Iran verrouille aussi toute sa stratégie de soutien à son allié et cousin Alaouite, le régime Syrien de Bachar El Assad, qui lui permet de contrôler l’accès à son grand point d’ancrage dans la région, le Hezbollah qui, tel un état dans l’état, contrôle le Liban et menace Israël.

Avec le recul, on s’aperçoit, aujourd’hui, du prix à payer pour les erreurs commises par les Etats Unis. Les Iraniens sont maîtres du terrain et, en renversant Saddam Hussein, les Américains leur ont livré l’Irak, clefs en mains.

Maintenant, posons nous la question : « Les Shiites Irakiens partagent la même foi que celle des Shiites Iraniens mais ils tiennent à leur identité arabe qui n’a rien à voir avec celle des Perses. Alors combien de temps cette situation durera-t-elle ? Réponse : le temps des Ayatollahs, mais jusqu’à quand ? »

Irak : The US strategic fiasco which benefits Iran

Since their attempt to overthrow Saddam Hussein in March 2003 during the GW Bush Presidency, the United States has spent more than $ 1 trillion and lost 4,500 troops in Iraq with the hope of turning it into a strong, Western anchorage in a hostile Middle East where they are finding it increasingly difficult to stem the expansionism of Iran.

Across the country, all militias under Iran’s borders set up a corridor to carry men and armaments to aid the regime of Bashar al-Assad in Syria and Hezbollah in Lebanon.

All Iraqi officials at the highest level are in post with the blessing of the Iranian Ayatollarchy.

Since the first day, the Iranians have seen their possibility to make Iraq of Saddam Hussein that they fought in a war that lasted 8 years (1980-1988), a springboard to extend their influence to the whole of Gulf.

In this context, Iran has won and America has lost.

In the last three years since the birth of the Islamic State, the Americans have focused on their fight against Daech in Iraq by sending an additional 5,000 troops to help Iraqi troops and pro-Iranian militias recapture Mossul.

Iran has never lost sight of its purpose # 1: to get its hands on its Iraqi neighbor in such a way that it can no longer represent the slightest military threat and allow it to control a corridor from Tehran to the Mediterranean .

That said, Iranian domination only increases the religious tensions in the region with Sunni countries like Saudi Arabia, allies of the United States that do everything to oppose Iranian expansionism.

But beware, Iraq is only part of the expansionist policy of Iran. The Ayatollahs regime can count on other alliances that allow it to exert its influence in Lebanon, Syria, Yemen and even in Afghanistan with the Taliban who, since the reduction of NATO forces decreed by Barack Obama 3 years ago, are regaining ground.

Iran is a Shiite state. Iraq is a majority Shiite country that was ruled by a Sunni minority elite before the US invasion.

Recall that the roots of the Schism between Sunnis and Shiites date back 1400 years.

But today the problem is as much at the geopolitical as religious level with the divisions expressed by different states that are enemies: some, allies of Saudi Arabia, others, allies of Iran.

Today, the dominating influence of Iran in Iraq is both military, with the all powerful General Qassan Suleimani, political, economic and even cultural.

Politically, Iran has in the Iraqi Parliament a majority of deputies who are enslaved to it and enable it to achieve its objectives with a Prime Minister, Haidar Al Abadi, at his boot.

Most of the TV channels are funded by Iran and related to the Shiite militias who describe Iran as the protector of Iraq and the United States as the destabilizing Satan.

In order to contain Iranian expansionism, the United States of Donald Trump claim that they will maintain on the spot, in Iraq, troops beyond even the eradication of the Islamic State.

I am not sure that this serves much, especially since the Prime Minister, whom they believed to be their ally, is the hostage of the Ayatollahs.

The error of the Americans, during the Obama era, was the brutal withdrawal of a large part of the troops in 2011.

This was the culmination of the failure of a foreign policy shared by the Bush administration and Obama.

The Iranians, more than ever, are exploiting the chaos in the region to extend their influence in Iraq and beyond.

Apart from oil, Iraq depends on Iran at all levels.

Iran is also locking its strategy to support its ally and cousin Alawite, the Syrian regime of Bashar al-Assad, which allows it to control access to its major anchor in the region, Hezbollah, State in the state, controls Lebanon and threatens Israel.

With hindsight, today we see the price to pay for mistakes made by the United States. The Iranians are masters of the terrain and, by overthrowing Saddam Hussein, the Americans handed over Iraq to them, turnkey.

Now let us ask ourselves the question: « The Iraqi Shiites share the same faith as that of the Iranian Shiites but they are attached to their Arab identity which has nothing to do with that of the Persians. So how long will this situation last? Answer: the time of the Ayatollahs, but how long? «