Christian Malard

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LA GUERRE ENTRE L’IRAN ET ISRAËL ET L’EMBRASEMENT DU MOYEN ORIENT SONT-ILS INÉLUCTABLES

Imaginez un seul instant que, le samedi 10 février au matin, les deux pilotes de l’un des huit bombardiers Israéliens touché par des missiles sol-air en Syrie, tombent en territoire syrien aux mains du Hezbollah ou de l’armée syrienne, alors qu’ils répliquaient à l’incursion dans l’espace aérien Israélien d’un drone Iranien lancé par la division d’élite Al quods des Gardiens de la Révolution Iraniens de la base militaire aérienne de Tiyas près de Palmyre, c’eut été  le début d’une guerre ouverte entre Israël , la Syrie et l’Iran.

Les Israéliens et leur Premier Ministre Benjamin Netanyahu avaient prévenu depuis longtemps Vladimir Poutine et les Russes, maîtres de l’espace aérien Syrien, qu’ils lanceraient une vaste offensive en territoire Syrien si la ligne rouge était franchie.

Il s’avère que, lors de leur opération de représailles, les Israéliens ont failli toucher des forces armées Russes, ce qui suscita l’appel téléphonique à Benjamin Netanyahu d’un Vladimir Poutine furieux qui demanda au Premier Ministre Israélien de s’en tenir là et de ne pas aller plus loin.

Les Russes ont condamné publiquement et fermement la violation de la Souveraineté Territoriale Syrienne par Israël sans jamais mentionner l’incursion du drone Iranien en territoire Israélien.

Alors que, jusqu’à présent, ils avaient fermé les yeux sur les attaques aériennes Israéliennes sur les convois d’armements Iraniens acheminés en territoire Syrien pour le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution, les Russes n’ont pas empêché, cette fois-ci, le lancement du drone Iranien.

La guerre a certes été évitée mais seulement pour l’instant car tous les ingrédients pour un conflit régional majeur, voire international, sont réunis.

Le règne de Bachar El Assad a survécu aux attaques de l’Etat Islamique grâce aux Russes et aux Iraniens mais la crise politique et les poches de résistance rebelles demeurent à l’intérieur du pays et à la frontière Syro Turque avec les Kurdes du YPG , soutenus par les Américains qui ont grandement contribué à l’évacuation de Daech mais dont les Russes, Syriens, Turcs et Iraniens ont déjà oublié la contribution et ne souhaitent pas les voir créer une zone autonome à la frontière Turco Syrienne, dans le Nord.

Aujourd’hui, sept ans après le début des violences, le conflit a muté. Des guerres dans la guerre sont apparues dont la Russie et Vladimir Poutine pourraient être les vainqueurs à condition de sortir le Moyen Orient de l’impasse Syrien.
Car, jusqu’alors, toutes les tentatives de résolution de crise, que ce soit à Sotchi en Russie, à Astana au Kazakhstan ou à Genève, sous l’égide des Nations Unies, ont échoué.

Lorsque les forces armées Russes sont entrées en Syrie, en 2015, et qu’il apparut clairement que l’Administration Obama ne s’y opposerait pas, le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahu a établi, alors, un canal de communication direct avec Vladimir Poutine et entre les hiérarchies militaires des deux pays, afin d’éviter des clashes entre forces Russes et Israéliennes.

Mais cette coordination tactique n’a pas amené les Russes à comprendre les intérêts stratégiques Israéliens.

Depuis que le maintien de Bachar El Assad au pouvoir semble acquis, Netanyahu a demandé à Poutine de lui garantir que les Iraniens quitteront le sol Syrien une fois la guerre terminée et la crise résolue. C’est ce dont sont aussi convenus le Président Américain Donald Trump et le Président Russe lors de leur brève rencontre, en décembre dernier, au Sommet de l’APEC (Pays de l ‘Asie Pacifique) au Vietnam.

Le problème, aujourd’hui, c’est que les Russes semblent afficher une certaine indifférence aux requêtes Israéliennes. Vladimir Poutine veut surtout renforcer son ancrage stratégique au Moyen Orient en général, en Syrie en particulier, et maintenir des bonnes relations avec l’Iran même s’il se méfie du jeu insidieux des Ayatollahs.

Cela dit, les Israéliens, dont les Américains et Donald Trump sont supposés être les plus fidèles alliés, commencent à déchanter face aux tergiversations de l’Administration Trump. Certains proches du Premier Ministre Israélien n’hésitent pas à dire : « On ne sait pas trop où cette administration veut en venir, c’est très confus. »

Il est vrai que l’attitude des Etats Unis, que se sont beaucoup mis en retrait du Moyen Orient depuis l’ère Obama face à la montée en puissance de la Russie et de l’Iran, suscite colère et frustration chez les Israéliens.

Depuis les événements du 10 Février, il semble qu’il sera de plus en plus difficile pour Israël d’agir impunément lors de prochaines incursions en Syrie, et puis La Russie demeure la nouvelle puissance dominante dans la région.

Les risques d’une guerre ouverte entre Israël et l’Iran demeurent et peuvent s’étendre au-delà. Le Premier Ministre Israélien, qui s’est rendu à la conférence sur la Sécurité à Munich les 17 et 18 février derniers, a clairement fait savoir que la situation qui prévaut en Syrie avec le renforcement de la présence militaire Iranienne est inacceptable.

Il a même averti Américains, Russes et autres Turcs que si l’Iran n’est pas sous contrôle, il attaquera à nouveau ses bases militaires en Syrie.

Israël demeure, peut-être, la plus puissante force militaire du Moyen Orient. Il n’en demeure pas moins que les guerres sont imprévisibles et il serait souhaitable que de Moscou à Jérusalem, en passant par Washington, Ankara, Téhéran et Riyadh, on fasse le nécessaire pour empêcher une plus grande conflagration en Syrie avant qu’il ne soit trop tard.

CAN A WAR BETWEEN ISRAEL AND IRAN AND ITS EXTENSION TO ALL MIDDLE EAST BE PREVENTED »

Imagine for a moment that on the morning of Saturday, February 10, the two pilots of one of the eight Israeli bombers hit by surface-to-air missiles in Syria, fall into Syrian territory at the hands of Hezbollah or the Syrian army, s ent as he replied to the Israeli incursion into the airspace of an Iranian drone launched by Al elite Quds division of the Iranian Revolutionary Guards air Tiyas military base near Palmyra, c ‘ had been the beginning of an open war between Israel, Syria and Iran.

The Israelis and their Prime Minister Benjamin Netanyahu had long warned Vladimir Putin and the Russians, masters of Syrian airspace, that they would launch a massive offensive in Syrian territory if the red line was crossed.

It turns out that during their retaliatory operation, the Israelis almost touched Russian armed forces, which prompted a phone call to Benjamin Netanyahu from a furious Vladimir Putin who asked the Israeli Prime Minister to abide there and not to go further.

The Russians have publicly and firmly condemned the violation of Syrian Territorial Sovereignty by Israel without ever mentioning the incursion of the Iranian drone into Israeli territory.

While, until now, they had turned a blind eye to Israeli air strikes on Iranian arms convoys transported to Syrian territory for Hezbollah and Revolutionary Guards, the Russians did not stop this time. here, the launch of the Iranian drone.

The war has certainly been avoided but only for the moment because all the ingredients for a major regional conflict, even international, are brought together.

The reign of Bashar Assad has withstood the test of the Islamic State with the Russians and the Iranians but the political crisis and rebel pockets of resistance remain within the country e t border Syr o w ith Turkish Kurds of the YMP , supported by the Americans who have contributed greatly to the evacuation of Daesh but whose Russians, Syrians, Turks and Iranians have already forgotten the contribution and do not wish to see them create an autonomous zone on the Syrian Turco border, in the North.

Today, seven years after the beginning of the violence, the conflict has mutated. Wars in the war appeared, of which Russia and Vladimir Putin could be the winners on the condition that they leave the Middle East of the Syrian impasse.

Because, until now, t ll tentati ves of Resolutio n crisis, whether in Sochi in Russia in Astana, Kazakhstan or in Geneva under the aegis of the United Nations, have failed.

When the Russian armed forces entered Syria in 2015, and it became clear that the Obama administration would not oppose it, the Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu has, then, a direct communication channel with Putin and between the military hierarchies of both countries , to avoid clashes between Russian and Israeli forces.

But this tactical coordination did not lead the Russians to understand Israel’s strategic interests.

Since the maintenance of Bashar al-Assad in power seems certain, Netanyahu asked Putin to ensure he leaves the Iranians ro nt Syrian soil after the war ended and the crisis resolved. This was also agreed upon by US President Donald Trump and the Russian President during their brief meeting last December at the APEC (Asia Pacific Countries) Summit in Vietnam.

The problem today is that the Russians seem to display a certain indifference to Israeli demands. Vladimir Putin wants above all to strengthen his strategic anchoring in the Middle East in general, in Syria in particular , and maintain good relations with Iran even if he is wary of the insidious game of Ayatollahs.

That said, the Israelis , which the Americans and Donald Trump are supposed to be the most faithful allies , begin to disillusion with the prevarications of the Trump Administration . Some close friends of the Israeli Prime Minister do not hesitate to say :  » It is not clear where this administration wants to come in, it’s very confusing Bachelor. « 

It is true that the attitude of the United States, which has been largely withdrawn from the Middle East since the Obama era in the face of the rise of Russia and Iran, arouses anger and frustration among Israelis.

Since the events of February 10, it appears that it will be increasingly difficult for Israel to act with impunity in future incursions into Syria, and then Russia remains the new dominant power in the region.

The risks of an open war between Israel and Iran remain and may extend beyond. The Israeli Prime Minister, who attended the Security Conference in Munich on 17 and 18 February, made it clear that the situation prevailing in Syria with the strengthening of the Iranian military presence is unacceptable.

He even warned Americans, Russians and other Turks that if Iran is not under control, he will again attack his military bases in Syria.

Israel remains, perhaps, the most powerful military force in the Middle East. The fact remains, however, that wars are unpredictable and it would be desirable that from Moscow to Jerusalem, via Washington, Ankara, Tehran and Riyadh , steps be taken to prevent a further conflagration in Syria before be too late.