Christian Malard

Arabies & Trends

ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE : L’IRAN PROFITE DES ERREURS DE STRATÉGIE DE l’AMÉRIQUE ET DE SES ALLIÉS

Le moins que l’on puisse dire, c’est que sur l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, Donald Trump dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit tout en ayant à la fois raison et tort.

En dénonçant cet accord, signé le 14 juillet 2015 par son pays, l’Iran la Russie, la Chine, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne, et qu’il a qualifié de « pire accord qu’il soit », Donald Trump se met avec son pays un peu plus en marge de la Communauté Internationale et du multilatéralisme après son tout dernier retrait de l’UNESCO et celui des accords de Paris sur le réchauffement climatique.

Quoi qu’il en soit, pour l’instant en tout cas l’Administration Trump respecte l’accord signé avec l’Ir an mais se réserve le droit de le rompre dans les 3 mois à venir si le Congrès Américain, auquel Donald Trump a repassé le « bébé », considère que le régime Iranien ne remplit pas ses engagements.

Trump est peut-être un président imprévisible, un « mad dog » (« un chien fou ») comme le qualifient certains observateurs, mais il ne dit pas que des inepties.

Sans doute a-t-il raison de dire que le régime Iranien est un régime de fanatiques qui cherchent à déstabiliser le Moyen Orient, avec ses alliés : le Hezbollah au Liban, le Hamas dans la bande de Gaza, les milices Chiites pro Iraniennes en Syrie et en Irak, avec un but clairement avoué : celui d’étendre l’influence perse de Téhéran à la Méditerranée face à l’Arabie Saoudite et aux Monarchies Sunnites du Golfe, alliées de circonstance d’Israël face à l’Iran.

Maintenant, ce qu’on lui reproche c’est de faire l’amalgame entre la spécificité de l’accord signe sur le nucléaire et la politique générale de déstabilisation menée par l’Iran au Moyen Orient.

Il aura fallu toute l’insistance de ses proches conseillers comme le Général James Matis, Ministre de la Défense, le Secrétaire d’état Rex Tillerson, sans oublier les conseillers du NSC (du Conseil National de Sécurité) de la Maison Blanche et les alliés Européens signataires de l’accord avec la Chine et la Russie pour que Trump ne commette pas l’irréparable en rompant l’accord et en provoquant du même coup une crise majeure à l’échelle mondiale.

L’occasion eut été belle en effet pour l’Ayatollarchie Iranienne de se désengager à son tour de l’accord et de relancer au plus vite son programme nucléaire avec ses milliers de centrifugeuses et plusieurs de ses centrales nucléaires où l’enrichissement de l’uranium se poursuit en cachette. On ne peut partager la duperie de l’AIEA (L’Agence Internationale de l’Energie Atomique) qui affirme que l’Iran a tenu jusqu’alors ses engagements alors que l’on sait que ses inspecteurs se sont vus refuser à plusieurs reprises l’accès à des sites militaires dits sensibles.

Le problème, à l’heure actuelle, c’est que le régime Iranien ou plutôt l’Ayatollah Khamenei le Guide le la Révolution et ses 160.000 pasdarans (gardiens de la Révolution) ont la haute main sur la politique et l’économie du pays, faisant du Président Hassan Rohani un simple exécutant qui, du jour au lendemain, selon l’évolution de la situation, devra enterrer le rapprochement opéré avec les Etats Unis et l’Occident.

Qui plus est, le régime Iranien sait profiter à merveille de la position de retrait de l’Administration Trump pour provoquer les divisions au sein du camp occidental.

J’en veux pour preuve, entre autre, l’attitude du Président Français Emmanuel Macron qui est prêt à se précipiter à Téhéran pour y jouer les médiateurs et promouvoir les entreprises françaises comme Total, PSA, Renault qui viennent de signer des contrats pour plusieurs milliards de Dollars.

Je n’aurais pas osé émettre la moindre critique vis-à-vis de cette démarche s’il ne s’était pas agi de ce régime suppôt du terrorisme. Il faut parfois réfléchir aux conséquences d’une certaine  realpolitik. Attention, l’Iran ne doit pas devenir la prochaine Corée du Nord.

Et les questions qui se posent sont les suivantes : « Est-ce que le Congrès Américain, qui est très divisé sur la question, est-ce que les alliés des Etats Unis, qui doutent de plus en plus de la politique erratique de Donald Trump, seront à la hauteur pour damer intelligemment le pion à la prochaine puissance nucléaire mondiale avec la Corée du Nord : l’Iran. Sans oublier le déclic que cela produira auprès de pays comme l’Arabie Saoudite, l’Egypte, ennemies de l’Iran qui voudront se doter de l’arme nucléaire.

A n’en pas douter, dans le monde de demain, le multilatéralisme risque d’aller de pair avec la prolifération nucléaire.

THE NUCLEAR AGREEMENT : IRAN TAKES ADVANTAGE OF THE STRATEGIC MISTAKES OF THE US AND ITS ALLIES

The least that can be said is that on the nuclear deal with Iran, Donald Trump says what he is doing and does what he says while being both right and wrong.

By denouncing Iran’s Russia, China, France, Great Britain and Germany on July 14, 2015, which he described as « the worst agreement, Donald Trump puts his country a little more on the sidelines of the International Community and multilateralism after his latest withdrawal from UNESCO and the Paris agreements on global warming.

In any case, at the moment the Trump Administration respects the agreement signed with the Ir an, but reserves the right to break it within 3 months if the American Congress, to which Donald Trump has revisited the « baby », considers that the Iranian regime does not fulfill its commitments.

Trump is perhaps an unpredictable president, a « mad dog » (as a « mad dog ») as some observers call it, but he does not say nonsense.

He is probably right in saying that the Iranian regime is a regime of fanatics seeking to destabilize the Middle East, with its allies: Hezbollah in Lebanon, Hamas in the Gaza Strip, Shiite pro-Iranian militias Syria and Iraq, with a clearly stated goal: to extend Tehran’s Persian influence to the Mediterranean in the face of Saudi Arabia and the Sunni Gulf Monarchies, allies of Israel to Iran.

Now it is being blamed for the specificity of the sign agreement on nuclear power and the general policy of destabilization carried out by Iran in the Middle East.

It took all the insistence of his close advisors such as General James Matis, Defense Minister, Secretary of State Rex Tillerson, not to mention the advisers of the National Security Council (NSC) of the White House and the allies Europeans signing the agreement with China and Russia so that Trump does not commit the irreparable by breaking the agreement and thus provoking a major crisis on a world scale.

It was a great opportunity for the Iranian Ayatollarchy to withdraw from the agreement and to revive as soon as possible its nuclear program with its thousands of centrifuges and several of its nuclear power plants where the enrichment of the  » uranium continues in secret. We can not share the deception of the International Atomic Energy Agency (IAEA), which affirms that Iran has held its commitments until then when it is known that its inspectors have been refused several times access to so-called sensitive military sites.

The problem at the present time is that the Iranian regime or rather the Ayatollah Khamenei the Guide the Revolution and its 160,000 pasdarans (guardians of the Revolution) have the upper hand on the politics and the economy of the country , making President Hassan Rohani a mere performer who, overnight, according to the evolution of the situation, will have to bury the rapprochement carried out with the United States and the West.

Moreover, the Iranian regime knows how to take advantage of the withdrawal position of the Trump Administration to provoke divisions within the western camp.
This is evidenced by the attitude of French President Emmanuel Macron, who is ready to rush to Tehran to play mediators and promote French companies such as Total, PSA and Renault, who have signed contracts for several billions of dollars.

I would not have dared to criticize this approach if it were not for the terrorism regime. Sometimes you have to think about the consequences of a certain realpolitik. Beware, Iran should not become the next North Korea.

And the questions that arise are: « Is the American Congress, which is very divided on the question, the United States allies, who increasingly doubt the erroneous policy of Donald Trump , will be up to the task of intelligently damaging the pawn to the next world nuclear power with North Korea: Iran. Not to mention the fact that it will produce in countries such as Saudi Arabia and Egypt, enemies of Iran who want to acquire nuclear weapons.

There is no doubt that in the world of tomorrow, multilateralism is likely to go hand in hand with nuclear proliferation.