Christian Malard

TRUMP ET ERDOGAN CONDAMNÉS À S’ENTENDRE 

C’était le 16 mai dernier, à la Maison Blanche, la première rencontre entre Donald Trump et son homologue Turc, l’imprévisible et insaisissable « Dictateur », Receps Erdogan. Il y avait sur la table un dossier explosif celui des Kurdes de Syrie.

Trump et Erdogan ont promis de faire retomber les tensions sur les sujets qui fâchent et ce, 9 jours avant le Sommet de l’OTAN à Bruxelles auquel devait participer Erdogan qui, ne l’oublions pas représente le flanc Sud de l’OTAN avec la deuxième armée la plus puissante derrière celle des Etats-Unis.

La récente décision Américaine d’armer les milices Kurdes de l’YPG en Syrie, perçues comme des alliées importantes dans la lutte contre l’Etat Islamique, et surtout dans la future prise escomptée de Raqqa, son QG en Syrie, constitue une véritable pomme de discorde.

Erdogan s’oppose à cette décision et menace de retirer son soutien aux Etats Unis dans leur lutte contre Daech.

Erdogan ne cesse de répéter qu’il craint la naissance d’une région autonome Kurde au Nord de la Syrie qui pourrait attiser les velléités indépendantistes de la minorité Kurde en Turquie.

Pour lui, les milices de l’YPG ne sont qu’une extension Syrienne du PKK (le Parti des Travailleurs du Kurdistan) de Abdullah Ocalan considérée comme un groupe terroriste.

Le désir de Donald Trump d’armer les Kurdes Syriens intervient au moment où les forces Irakiennes, appuyées par les Américains dans les airs comme sur le terrain, sont sur le point de reconquérir Mossul.

Pour rassurer les Turcs sur la présence de forces majoritairement Arabes et non Kurdes, dans le futur assaut de Raqqa, Trump s’est engagé à ce que le YPG n’occupe pas Raqqa après sa libération.

Quoiqu’il en soit, Trump et Erdogan ont promis de renforcer leur partenariat stratégique.

Le Président Américain a rappelé que la Turquie doit être omniprésente dans la lutte contre Daech.

Cela dit, Trump doit rester prudent. Il ne doit pas oublier qu’il a en face de lui un dictateur qui a pratiqué des purges massives au sein de l’Armée Turque, de la Police, du Corps Judiciaire et de la Presse et qui, après 15 années au pouvoir, a fait passer la Turquie d’une République Laïque depuis 1923 à une République Islamique qui n’hésite pas à jouer la Russie contre l’Occident au gré de ses intérêts.

Certaines informations circulent selon lesquelles, en échange d’une offensive Arabo Kurde soutenue par les Etats Unis contre l’Etat Islamique dans son fief de Raqqa, Trump pourrait garantir à Erdogan que la justice Américaine examinera l’extradition de Fetullah Gullen, vivant en exil en Pennsylvanie, qui est accusé par Erdogan d’avoir fomenté la tentative de coup d’état du 15 juillet 2016.

En outre, les Etats-Unis pourraient donner leur feu vert à une offensive Turque contre les bases du PKK dans le Nord de l’Irak.

La Turquie et les Etats Unis ont un rôle déterminant à jouer dans le maintien de la stabilité au Moyen Orient.

Trump a besoin de la Turquie pour lutter contre le Djihadisme, gérer avec l’Europe le flot des réfugiés, négocier un futur plan de paix en Syrie avec la Russie et l’Iran et laisser l’aviation Américaine utiliser la base militaire d’Incirlik.

Trump and Erdogan doomed to work together

It was May 16, at the White House, the first meeting between Donald Trump and his Turkish counterpart, the unpredictable and elusive « Dictator », Receps Erdogan. There was an explosive file on the table, that of the Kurds of Syria.

Trump and Erdogan promised to relieve the tensions on the angry subjects 9 days before the NATO Summit in Brussels in which Erdogan was to participate, which, let us not forget, represents the southern flank of NATO with the The second most powerful army behind that of the United States.

The recent US decision to arm the YPG Kurdish militias in Syria, perceived as important allies in the struggle against the Islamic state, and especially in the expected future take-up of Raqqa, its headquarters in Syria, is a real apple Of discord.

Erdogan opposes this decision and threatens to withdraw his support to the United States in their fight against Daech.

Erdogan keeps repeating that he fears the birth of an autonomous Kurdish region in northern Syria that could stir up the independence movements of the Kurdish minority in Turkey.

For him, the YPG militias are only a Syrian extension of the PKK (the Workers’ Party of Kurdistan) of Abdullah Ocalan considered as a terrorist group.

Donald Trump’s desire to arm the Syrian Kurds comes at a time when Iraqi forces, supported by the Americans in the air and on the ground, are on the verge of regaining Mossul.

To reassure the Turks over the presence of mainly Arab and non-Kurdish forces in the future raqqa assault, Trump pledged that the YPG would not occupy Raqqa after his release.

Nevertheless, Trump and Erdogan have promised to strengthen their strategic partnership.

The American President recalled that Turkey must be omnipresent in the fight against Daech.

That said, Trump must remain cautious. He must not forget that he has a dictator in front of him who has practiced massive purges in the Turkish Army, the Police, the Judicial Corps and the Press and who, after 15 years in office, has Has brought Turkey from a secular Republic since 1923 to an Islamic Republic which does not hesitate to play Russia against the West according to its interests.

Some information circulates that in exchange for a US-backed Arabo-Kurdish offensive against the Islamic state in its Raqqa stronghold, Trump could guarantee to Erdogan that the American justice will examine the extradition of Fetullah Gullen, living in exile In Pennsylvania, who is accused by Erdogan of having fomented the coup attempt of 15 July 2016.

In addition, the United States could give its green light to a Turkish offensive against the PKK bases in northern Iraq.

Turkey and the United States have a key role to play in maintaining stability in the Middle East.

Trump needs Turkey to fight against Jihadism, manage Europe’s flood of refugees, negotiate a future peace plan in Syria with Russia and Iran, and let US aviation use the Incirlik military base .

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