Christian Malard

Arabies & Trends

LA TURQUIE ET SON DESPOTE RECEPS ERDOGAN

Le referendum qui pourrait donner les pleins pouvoirs au Président Turc Receps Erdogan aura lieu le 16 avril prochain. Si le oui l’emporte, Erdogan pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2029.

La rhétorique empoisonnée qui entoure la campagne ne fait qu’exacerber les tensions dans un pays divisé, avec la crainte du lendemain. Une sorte de colère s’est même répandue au-delà des frontières de la Turquie, surtout en Europe.

Les tensions sont visibles depuis plusieurs mois. Le Referendum est souvent décrit comme étant un combat existentiel pour l’avenir de la Nation avec, à l’horizon, soit la tyrannie, soit la stagnation.

A l’étranger, la rhétorique nationaliste du Gouvernement Turc commence même à avoir un impact sur la guerre avec l’Etat Islamique en Syrie, dans la mesure où Erdogan s’oppose à tout règlement de paix qui inclurait les Kurdes Syriens qu’il considère comme terroristes.

Les récents échanges de propos incendiaires entre Erdogan et quelques uns de ses alliés Européens comme l’Allemagne et les Pays-Bas ont semé le doute sur l’avenir des relations entre la Turquie et l’Europe.

Ce n’est pas parce que les autorités Allemandes et Néerlandaises ont interdit la venue sur leurs territoires de représentants du Dictateur d’Ankara pour y inciter l’importante diaspora Turque à donner les pleins pouvoirs à Erdogan que ce dernier doit les traiter de « Vestiges du Nazisme ».

Le Ministre Turc des Affaires Etrangères, Mevhut Cavusoglu, est mal placé pour déclarer que l’attitude de l’Allemagne et des Pays-Bas « n’honore pas la démocratie et la liberté d’expression » quand on sait qu’Erdogan passe son temps à bafouer les libertés, faire des purges au sein de l’armée, de la justice et de la presse. Erdogan est entrain d’islamiser la Société Turque, au grand dam des tenants de la République laïque fondée par Mustapha Kemal Ataturk en 1923.

Cela dit, les relations entre la Turquie et l’Union Européenne sont, depuis 2004, empreintes da la plus grande hypocrisie, dans la mesure où depuis 13 ans, l’Union Européenne a fait miroiter aux Turcs la possibilité d’intégrer la Communauté Européenne alors que l’on sait depuis longtemps qu’une grande majorité d’Européens n’a jamais souhaité l’intégration de 80 millions de musulmans.

Aujourd’hui, tout éloigne la Turquie de l’Europe. Le Ministre Allemand des Financess, Wolfgang Schauble, ne s’y trompe pas quand il déclare que « La Turquie a détruit la base pour progresser dans la coopération. »

On ne peut pas faire confiance à un dictateur, maître chanteur imprévisible, auquel l’Union Européenne a versé 6 milliards d’euros pour aider au règlement du problème des migrants et qui, lorsqu’il est en désaccord avec les Européens, menace de rompre le pacte migratoire qu’il a signé il y a un an avec Angela Merkel et les Européens.

Le problème c’est qu’Angela Merkel, que l’on a accusée de lécher les bottes d’Erdogan et d’accepter son chantage, a besoin de la Turquie. Elle a laissé 1 million de demandeurs d’asile d’origine Syrienne, Irakienne et Afghâne affluer en Allemagne ces deux dernières années. Elle ne peut pas se mettre à dos Erdogan.

Quoiqu’il en soit, en dehors de l’UE, l’OTAN doit aussi redéfinir le rôle de la Turquie en son sein.

L’armée Turque est la deuxième armée, la plus puissante, derrière celle des Etats-Unis. Mais peut-on lui faire confiance quand on sait que, même en dépit des divergences de vue, qu’il peut avoir avec le Président Russe Vladimir Poutine sur l’avenir politique de la Syrie, Erdogan se jette de plus en plus dans ses bras.

Cette situation est d’autant plus mal venue que l’Europe, qui a fêté le 25 Mars dernier le 60ème anniversaire du traité fondateur de Rome, est en pleine désintégration et désarroi.

TURKEY AND THE RUTHLESS RECEPS ERDOGAN

 The referendum that could give full powers to Turkish President Receps Erdogan will take place on 16 April. If yes, Erdogan could remain in power until 2029.

The poisonous rhetoric surrounding the country only exacerbates tensions in a divided country, with fear of the morrow. A kind of anger has spread even beyond the borders of Turkey, especially in Europe.

Tensions have been visible for several months. The Referendum is often described as an existential struggle for the future of the Nation with either tyranny or stagnation on the horizon.

Abroad, the Turkish government’s nationalist rhetoric is even beginning to have an impact on the war with the Islamic state in Syria, inasmuch as Erdogan opposes any peace settlement that would include the Syrian Kurds whom it considers As terrorists.

The recent exchanges of inflammatory remarks between Erdogan and some of his European allies like Germany and the Netherlands have cast doubt on the future of relations between Turkey and Europe.

It is not because the German and Dutch authorities have forbidden the coming to their territories representatives of the Dictator of Ankara to incite the important Turkish Diaspora to give the full powers to Erdogan that the latter must treat them of « Vestiges Of Nazism « .

Turkish Foreign Minister Mevhut Cavusoglu is not in a position to say that the attitude of Germany and the Netherlands « does not honor democracy and freedom of expression » when we know that Erdogan is passing his Time to flout the freedoms, to purge within the army, justice and the press. Erdogan is in the process of Islamizing the Turkish Society, much to the dismay of the supporters of the secular Republic founded by Mustapha Kemal Ataturk in 1923.

However, since 2004, relations between Turkey and the European Union have been extremely hypocritical, given that for the past 13 years the European Union has given the Turks the chance to join the European Community Whereas it has long been known that a large majority of Europeans have never wanted the integration of 80 million Muslims.

Today, everything is taking Turkey away from Europe. The German Finance Minister, Wolfgang Schauble, is not mistaken when he declares that « Turkey has destroyed the base to progress in cooperation. « 

One can not trust a dictator, an unpredictable master singer, to whom the European Union has contributed 6 billion euros to help resolve the problem of migrants and who, when he disagrees with the Europeans, threatens to break The migratory pact that he signed a year ago with Angela Merkel and the Europeans.

The problem is that Angela Merkel, who has been accused of licking Erdogan’s boots and accepting her blackmail, needs Turkey. It has left 1 million asylum seekers of Syrian, Iraqi and Afghani origin flocking to Germany in the last two years. She can not go back Erdogan.

Nonetheless, outside the EU, NATO must also redefine Turkey’s role within it.

The Turkish army is the second most powerful army, behind that of the United States. But can we trust him when we know that, despite the differences of opinion he may have with Russian President Vladimir Putin on the political future of Syria, Erdogan throws himself more and more into his arms .

This situation is all the more unfortunate since Europe, which celebrated on March 25th the 60th anniversary of the founding treaty of Rome, is in full disintegration and disarray.