Christian Malard

Arabies & Trends

L’IRAN : L’INCONTOURNABLE ENNEMI

Le discours musclé que Donald Trump tient sur l’Iran lui vaut sans doute beaucoup de soutien au sein du monde Arabe mais il recèle, dans le même temps, le risque d’un conflit avec un pays qui, depuis l’avènement de l’ Ayatollah Khomeiny au pouvoir il y a 39 ans, est devenu beaucoup plus puissant et menaçant.

A n’en pas douter, l’attitude de Donald Trump n’a rien à voir avec celle de son prédécesseur, Barack Obama qui, en signant l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, n’a fait que faire le lit des velléités expansionnistes du régime des Ayatollahs.

Peut-être sommes nous à la veille d’un retour aux tensions de l’ère Gw Bush, lorsqu’à partir de la deuxième guerre du Golfe en Irak, les tensions entre Sunnites et Chiites ont ressurgi, et Israël a du livrer une guerre sans merci à l’allié de l’Iran au Liban : le Hezbollah.

Même si l’accord sur le nucléaire, signé le 14 juillet 2015 par l’Iran et les 5 membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies, a ralenti la capacité des Iraniens à se doter de l’arme nucléaire, « l’Ayatollarchie » au pouvoir poursuit en coulisse sa quête de l’arme nucléaire avec l’aide de la Corée du nord.

Qui plus est l’Iran produit des missiles balistiques pouvant porter des ogives nucléaires capables d’atteindre n’importe quelle partie du Moyen Orient, y compris Israël.

L’Iran est devenu « la puissance régionale ». Il étend son influence de Téhéran à la Méditerranée, des frontières de l’Otan aux frontières d’Israël jusqu’à la bordure Sud de la péninsule Arabique.

L’Iran contrôle des dizaines de milliers de milices alliées qui combattent sur les fronts Syrien, Irakien et Yéménites et qui ont été rejointes et renforcées, sur le terrain, par les Gardiens de la Révolution.

L’Iran peut, aujourd’hui, déployer des forces militaires conventionnelles à des milliers de kilomètres au-delà de ses frontières.

Voilà qui modifie l’équilibre des forces au Moyen Orient.

Les Pays Arabes Sunnites qui ont, à juste titre, violemment critiqué la faiblesse d’Obama vis-à-vis de l’Iran, sont presque prêts à oublier la rhétorique antimusulmane de Donald Trump, à condition que l’Amérique redevienne un rempart face aux Ayatollahs.

Donald Trump n’a pas déclaré, jusqu’alors, qu’il abrogeait l’accord sur le nucléaire.

Pour l’instant, ses conseillers se contentent de déclarer qu’ils surveillent les activités qui vont au-delà de l’accord, c’est-à-dire le programme de missiles balistiques et les activités des Gardiens de la Révolution et de leurs alliés.

En dépit d’une déclaration de Donald Trump affirmant que « L’Iran joue avec le feu et qu’il ne sera pas complaisant comme Obama », l’action des Etats-Unis s’est limitée jusqu’alors à des représailles sous forme de sanctions face aux derniers essais de tirs de missiles balistiques et une attaque en Mer Rouge par les rebelles Yéménites Houthi contre un navire Saoudien.

Quoi qu’il en soit, il n’est ni de l’intérêt des Iraniens, ni de celui des Américains d’entrer en conflit.

En Irak, la guerre menée contre l’Etat Islamique démontre l’existence d’une alliance tacite entre Américains et Iraniens.

Les milices chiites, soutenues par l’Iran, sont impliquées dans la bataille de Mossoul aux côtés de centaines de conseillers militaires Américains sur le terrain et de 6000 soldats Américains déployés au sol.

Il est aussi difficile d’imaginer comment les Américains pourraient diminuer l’influence de l’Iran dans la guerre en Syrie, surtout lorsque les Ayatollahs et le Président Russe Vladimir Poutine font tout pour maintenir le Président Syrien Bachar el Assad au pouvoir, avec l’approbation tacite de la Turquie et de son Président Recep Erdogan qui sont loin d’être les alliés des Etats Unis les plus fiables au sein de l’Otan.

Les Russes contrôlent les airs en Syrie, la Turquie joue de son influence sur les rebelles et l’Iran contrôle le terrain avec ses milices Chiites qui viennent du Liban, de l’Irak, de l’Afghanistan et du Pakistan et leur action, à partir d’Alep au Nord de la Syrie, près de la frontière turque, jusqu’au Golan à la frontière sud d’Israël.

Dans un tel conflit, le désir de Trump de réduire l’influence de l’Iran se heurte à son désir de poursuivre sa coopération avec la Russie en Syrie où Bachar El Asssad est à la fois l’allié des Russes et des Iraniens.

Donal Trump va devoir vite apprendre ce que sont Géopolitique, Géostratégie et Realpolitik.

 

Iran : The unavoidable ennemy

Donald Trump’s strong discourse on Iran probably earns him a lot of support in the Arab world, but at the same time it harbors the risk of a conflict with a country that, since the advent of the Arab world, Ayatollah Khomeini 39 years ago, became much more powerful and threatening.

Doubtless, the attitude of Donald Trump has nothing to do with that of his predecessor, Barack Obama, who, by signing the agreement on nuclear with Iran, only made the bed Of the expansionist tendencies of the Ayatollah regime.

Perhaps we are on the eve of a return to tensions in the Gw Bush era when, as a result of the Second Gulf War in Iraq, tensions between Sunni and Shi’ite re-emerged, and Israel had to wage war Without mercy to Iran’s ally in Lebanon: Hezbollah.

Although the nuclear agreement signed on July 14, 2015 by Iran and the five members of the UN Security Council slowed down the Iranians’ ability to acquire nuclear weapons, the Ayatollarchy In power is pursuing behind the scenes his quest for nuclear weapons with the help of North Korea.

Moreover, Iran produces ballistic missiles capable of carrying nuclear warheads capable of reaching any part of the Middle East, including Israel.

Iran has become « the regional power ». It extends its influence from Tehran to the Mediterranean, from the borders of NATO to the borders of Israel to the southern edge of the Arabian peninsula.

Iran controls tens of thousands of allied militias fighting on the Syrian, Iraqi and Yemeni fronts, which have been joined and strengthened on the ground by the Revolutionary Guards.

Today, Iran can deploy conventional military forces thousands of kilometers beyond its borders.

This changes the balance of power in the Middle East.

The Sunni Arab countries, which rightly violently criticized Obama’s weakness with regard to Iran, are almost ready to forget the anti-Muslim rhetoric of Donald Trump, provided that America becomes a bulwark against To the Ayatollahs.

Donald Trump has not yet stated that he is repealing the nuclear agreement.
For the time being, its advisors simply state that they are monitoring activities beyond the agreement, ie the ballistic missile program and the activities of the Revolutionary Guards and their Allies.

Despite a statement by Donald Trump that « Iran is playing with fire and will not be complacent as Obama, » the US action has until now been limited to retaliation in the form of Sanctions against the latest ballistic missile tests and a Red Sea attack by the Yemeni Houthi rebels against a Saudi vessel.

In any case, it is not in the interest of the Iranians or the Americans to enter into conflict.

In Iraq, the war against the Islamic state demonstrates the existence of a tacit alliance between Americans and Iranians.

Shiite militias, backed by Iran, are involved in the Battle of Mosul alongside hundreds of US military advisers in the field and 6,000 US troops deployed on the ground.

It is also difficult to imagine how the Americans could diminish Iran’s influence in the war in Syria, especially when the Ayatollahs and Russian President Vladimir Putin do everything to keep Syrian President Bashar al-Assad in power, The tacit approval of Turkey and its President Recep Erdogan who are far from being the most reliable allies of the United States in NATO.

The Russians control the air in Syria, Turkey plays its influence on the rebels and Iran controls the terrain with its Shiite militias who come from Lebanon, Iraq, Afghanistan and Pakistan and their action, From Aleppo to the north of Syria, near the Turkish border, to the Golan on the southern border of Israel.

In such a conflict, Trump’s desire to reduce Iran’s influence is hampered by his desire to continue his cooperation with Russia in Syria where Bashar El Asssad is both the ally of the Russians and the Iranians.

Donal Trump will soon have to learn what Geopolitics, Geostrategy and Realpolitik are.