Christian Malard

BACHAR EL ASSAD : « LE SURVIVANT DES PRINTEMPS ARABES » OU LE DEUS EX POUTINA

Six ans après le début d’une longue guerre, la chute d’Alep, poumon économique et deuxième ville la plus importante de Syrie après Damas, vient renforcer le pouvoir de Bachar El Assad sur la scène politique Moyen-Orientale.
A court moyen terme, la perpective d’un changement de pouvoir, tant souhaité par les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et leurs alliés des Monarchies sunnites du Golfe, paraît plus qu’improbable.
Bachar El Assad, appuyé par ses indéfectibles alliés Russes et Iraniens, a su profiter des hésitations, des faiblesses, de l’absence de vision stratégique d’un Barack Obama complètement en retrait du champ Moyen-Oriental depuis la deuxième Guerre du Golfe provoquée en Mars 2003 par son prédécesseur pas mieux inspiré : George W Bush.
A aucun moment, l’Administration Américaine ne s’est donnée les moyens d’inverser le rapport de force sur le terrain.
En août 2013, premier tournant dans cette crise, le manque de courage politique, le recul d’Obama face à un Bachar El Assad qui a eu recours aux armes chimiques pour éliminer une partie de son opposition et de sa population et dont le Président Américain avait clairement dit que « s’il franchissait cette ligne rouge » l’Amérique interviendrait, a donné le signal du refus de toute intervention Américaine.
Dans le même temps, Iraniens et Russes n’ont cessé de renforcer militairement le régime Syrien en envoyant des conseillers militaires et des membres du Hezbollah sur le terrain. Mais c’est l’intervention militaire Russe en Syrie de Septembre 2015 qui marquera le deuxième tournant stratégique de la guerre. Bachar El Assad et ses troupes, au bord du gouffre, seront sauvés par les forces militaires Russes.
Vladimir Poutine, aura été le seul a se donner alors les moyens d’inverser les rapports de force sur le terrain.
Aujourd’hui, l’Occident, les Etats-Unis et leurs alliés Sunnites du Golfe sont plus impuissants que jamais face à Vladimir Poutine le mastermind du Kremlin qui est, à présent le maitre du jeu en Syrie.
Poutine, le joueur d’échec, a réussi à retourner aussi le Président Turc, Recep Erdogan, membre de l’OTAN, qui avait été l’un des plus farouches opposants à Bachar El Asssad.
Enfin, le Président Russe a profité, depuis le 8 novembre dernier, date de l’élection présidentielle américaine, de la vacance du pouvoir à Washington, en précipitant l’offensive sur Alep et mettant du même coup le futur locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, devant le fait accompli.
Cela dit, la chute d’Alep ne signifie pas la fin de la guerre. Il faut, à présent, que Bachar El Asssad et ses alliés sécurisent les terrains conquis dans ce que l’on appelle « la Syrie utile », l’axe Damas Alep avec d’autres villes importantes comme Homs et Hama qui regroupent 60 % de la population Syrienne.
Ils devront aussi redoubler de vigilance car il est vraisemblable que les insurgés rebelles qui ont quitté les lieux seront récupérés par les différents courants Jihadistes, Daech et l’ancien front Al Nosra la branche Syrienne d’Al Quaida, qui se sont repliés vers la frontière Turco Syrienne où la présence massive de Kurdes irrite profondément le dictateur Turc Recep Erdogan.
Aujourd’hui, la Russie et l’Iran ont peut-être imposé leur scénario militaire à la crise Syrienne, mais la complexité de la situation, des intérêts régionaux et l’implication des autres puissances étrangères dans le conflit, rendent la situation plus qu’explosive que jamais en 2017.

Bachar El Assad the survivor from the arab spring revolutions or the deus ex Poutina

Six years after the beginning of a long war, the fall of Aleppo, economic lung and Syria’s second largest city after Damascus, strengthens the power of Bashar al-Assad on the Middle East political scene.
In the short term, the prospect of a change in power, so desired by the United States, France, Great Britain and their allies of the Sunni Monarchies of the Gulf, seems more than unlikely.
Bachar El Assad, supported by his relentless Russian and Iranian allies, has taken advantage of the hesitations, weaknesses and lack of strategic vision of a Barack Obama completely out of the Middle East since the Second Gulf War March 2003 by his predecessor no better inspired: George W Bush.
At no time did the American Administration give itself the means to reverse the balance of power on the ground.
In August 2013, the first turn in this crisis, the lack of political courage, Obama’s retreat from a Bashar al-Assad who used chemical weapons to eliminate part of his opposition and his population and whose American President Had clearly said that « if he crossed this red line » America would intervene, gave the signal of the refusal of any American intervention.
At the same time, Iranians and Russians have steadily reinforced the Syrian regime by sending military advisers and Hezbollah members on the ground. But it is the Russian military intervention in Syria of September 2015 that will mark the second strategic turning point of the war. Bachar El Assad and his troops, on the edge of the abyss, will be saved by Russian military forces.
Vladimir Putin, will have been the only one to then give the means to reverse the balance of power on the ground.
Today the West, the United States and their Sunni Gulf allies are more powerless than ever against Vladimir Putin the mastermind of the Kremlin who is now the master of the game in Syria.
Putin, the chess player, managed to return also the Turkish President, Recep Erdogan, a member of NATO, who had been one of the most fierce opponents of Bashar El Asssad.
Lastly, on November 8, the President of the United States of America took advantage of the vacancy of power in Washington by precipitating the offensive on Aleppo and putting the future tenant of the White House, Donald Trump, before a fait accompli.
That said, the fall of Aleppo does not mean the end of the war. Bashar El Assad and his allies must now secure the lands conquered in what is called « useful Syria », the Damascus Aleppo axis with other important cities such as Homs and Hama, which comprise 60% of The Syrian population.
They will also have to redouble their vigilance as it is likely that the rebel insurgents who have left the area will be recovered by the various Jihadist currents, Daech and the former Al Nosra al-Syria branch of Al Quaida, who have retreated towards the border Turco Syrian where the massive presence of Kurds deeply irritates the Turkish dictator Recep Erdogan.
Today, Russia and Iran may have imposed their military scenario on the Syrian crisis, but the complexity of the situation, regional interests and the involvement of other foreign powers in the conflict make the situation more Explosive than ever in 2017.

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