Je me trouvais, le samedi 18 novembre 2017, dans la cour du Palais de l’Élysée à Paris au moment où le Président français Emmanuel Macron recevait à déjeuner Saad Hariri, le Premier Ministre démissionnaire du Liban avec son épouse Lara et l’un de ses fils.

À sa sortie, Saad Hariri est venu nous déclarer, qu’après avoir séjourné à Ryadh la capitale saoudienne où il avait annoncé sa démission le 4 novembre dernier, il regagnerait Beyrouth le mercredi 22 novembre, jour de la Fête de l’Indépendance au Liban, afin d’y faire part de sa décision au Président en exercice le Général Michel Aoun, un Monsieur très « réversible » qui a été, dans les années 90, le fer de lance de la résistance contre feu le Président syrien Haffez el Assad, père de Bachar, et contre le Hezbollah avec lequel il collabore maintenant depuis plus d’un an

En choisissant la date du 22 novembre pour son retour je me suis dit qu’à travers la Fête de l’Indépendance, Saad Hariri devait échafauder le rêve d’un Liban débarrassé du Hezbollah un état dans l’état et de son parrain l’Iran des Ayatollahs qui affiche depuis longtemps ses velléités hégémoniques sur le Liban, la Syrie, l’Irak et le Yémen.

Au passage, pour l’Histoire, le 22 novembre a été marqué par deux personnages : le premier dont ce fut la naissance en 1890 : Charles de Gaulle, le second John Fitzgerald Kennedy, le Président américain assassiné à Dallas en 1963.

Quelle que soit l’issue de cette nouvelle crise libanaise, sous la pression ou pas des autorités saoudiennes et de leur nouvel homme fort, le Prince héritier et futur Roi, Mohamed Bin Salman, Saad Hariri a eu raison de dire haut et fort ce que la Communauté internationale pense tout bas : «  Il y en a assez de voir le Liban, sous la main mise du Hezbollah et de l’Iran, redevenir une victime collatérale des crises régionales après avoir échappé jusqu’alors, aussi paradoxal que cela puisse paraître, à 6 ans de guerre dans la Syrie voisine.

Ce qui se joue au Moyen Orient, aujourd’hui, c’est une guerre idéologique et religieuse. Ceux qui croient à la liberté et aux valeurs universelles doivent continuer à lutter en Syrie, en Irak et ailleurs contre les extrémistes islamistes qui décapitent des innocents, se font sauter au nom du Mahadi et sont en guerre contre l’Occident et ses valeurs.

Ne nous leurrons pas, le Nationalisme, qui avait structuré les régimes Arabes du Proche et Moyen Orient depuis 1945, est bien désormais supplanté par la résurgence des identités ethnico religieuses, d’où la guerre de plus en plus ouverte aujourd’hui entre l’Arabie Saoudite, pays des lieux saints de l’Islam et l’Iran, pire menace après Daech, qui veut afficher plus que jamais son hégémonie régionale.

Quand le Président français Emmanuel Macron poursuit inlassablement ses efforts de médiation pour apaiser les tensions entre les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et l’Iran, sans doute a-t-il raison de privilégier le dialogue par rapport à la guerre.

Comme le déclaraient encore récemment Donald Trump et Vladimir Poutine au Sommet de l’APEC (pays de l’Asie et du Pacifique) qui s’est tenu récemment au Vietnam, la solution aux problèmes du Moyen Orient et de la Syrie en particulier, doit être politique et non militaire.

Mais encore une fois, la moindre étincelle entre le Hezbollah, l’Iran, l’Arabie Saoudite, voire Israël, peut embraser tout le Moyen Orient.

A qui la faute, me dis-je, avec le recul de mon expérience journalistique de 44 ans qui m’a amené à sillonner le Moyen Orient maintes fois ?

  • À Jimmy Carter et à Valéry Giscard d’Estaing tout d’abord qui, lors d’un G4 spécial de février 1978 à la Guadeloupe dans les Antilles françaises, ont décidé de lâcher le Shah d’Iran et de jouer la carte de l’Ayatollah Khomeiny.

Regardons aujourd’hui les désastreuses conséquences de 38 ans d’Ayatollarchie, bientôt 39, avec les enfants petits enfants de Khomeiny qui s’appellent Hezbollah, Djihad, Hamas, etc …

  • A GW Bush ensuite qui a utilisé tous les prétextes mensongers, en mars 2003, pour déloger Saddam Hussein du pouvoir, déstabiliser l’Irak devenu une annexe de l’Iran et créer Daech

  • A Barak Obama enfin qui, en 2011, a retiré trop prématurément les troupes Américaines d’Irak et a cru, trop naïvement, qu’en signant le 14 juillet 2015 un accord sur le nucléaire avec l’Iran, ce pays pourrait être un facteur stabilisateur pour le Moyen Orient. C’est tout le contraire qui s’est produit ;

J’en terminerai par ces propos empreints de réalisme tenus, un soir de juin 2012, par Vladimir Poutine lors d’un dîner d’état à l’Elysée avec François Hollande : «  Vous les Occidentaux avez cru que les Révolutions Arabes ,qui ont débouché sur les départs de Ben Ali en Tunisie, de Moubarak en Egypte, de Khadafi en Libye, « étaient une bonne chose », vous vous êtes trompés. Regardez la situation, c’est pire qu’avant et vous me demandez de lâcher Bachar el Assad et la Syrie où j’ai mes intérêts stratégiques à Tartouss le point d’ancrage de ma flotte en Méditerranée, pas question, je préfère Bachar El Assad aux Frères Musulmans, Salafistes et autres Islamistes. »

Sans doute Poutine avait-il vu juste en partie mais aujourd’hui le maître du Kremlin doit aussi se méfier de son allié de circonstance en Syrie : L ’Iran.

Lebanon : squeezed between Iran, Hezbollah and Saudi Arabia

I was on Saturday, November 18, 2017, in the courtyard of the Elysee Palace in Paris at the time when the French President Emmanuel Macron was having lunch Saad Hariri, the Prime Minister resigned from Lebanon with his wife Lara and one of his sons.

Upon his release, Saad Hariri came to tell us that after staying in Ryadh, the Saudi capital where he announced his resignation on November 4, he would return to Beirut on Wednesday, November 22, Independence Day in Lebanon. , in order to inform the Chairman-in-Office of General Michel Aoun of his decision, a very reversible  » who was in the 90s, the spearhead of resistance against fire Haffez Syrian President al-Assad, father of Bashar, and against Hezbollah with whom he worked now for over a year

By choosing the date of November 22 for his return I told myself that through the Independence Day, Saad Hariri had to build the dream of a Lebanon rid of Hezbollah a state in the state and his godfather Iran of the Ayatollahs who has long shown his hegemonic inclinations on Lebanon, Syria, Iraq and Yemen .

Incidentally, for History, November 22 was marked by two characters : the first of which it was the birth in 1890 : Charles de Gaulle, the second John Fitzgerald Kennedy, the American president assassinated in Dallas in 1963.

Whatever the outcome of this new Lebanese crisis, under the pressure or not of the Saudi authorities and their new strongman, the Crown Prince and future King, Mohamed Bin Salman, Saad Hariri was right to say loud and clear what the international community thinks in a whisper :  » There is enough to see Lebanon , under the hand of Hezbollah and Iran, to become a collateral victim of regional crises after escaping, as paradoxical as it may seem, six years of war in neighboring Syria.

What is happening in the Middle East today is an ideological and religious war. Those who believe in freedom and universal values ​​must continue to fight in Syria, Iraq and elsewhere against Islamist extremists who decapitate innocent people, blow themselves up in the name of the Mahadi and are at war with the West and its values.

Let us not fool ourselves, Nationalism , which had structured the Arab regimes of the Near and Middle East since 1945 , is now well supplanted by the resurgence of ethnico-religious identities, hence the increasingly open war today between the Saudi Arabia, the country of the holy saints of Islam and Iran , is the worst threat after Daesh, which wants to display more than ever its regional hegemony.

When French President Emmanuel Macron tirelessly pursues his mediation efforts to appease tensions between the United States, Saudi Arabia and Iran, he is undoubtedly right to favor dialogue over the war.

As Donald Trump and Vladimir Putin recently declared at the recent APEC ( Asia-Pacific ) Summit in Vietnam, the solution to the problems of the Middle East and Syria in particular must to be political and not military.

But again, the slightest spark between Hezbollah, Iran, Saudi Arabia, even Israel, can ignite the entire Middle East.

Whose fault, I say to myself, with hindsight from my 44-year-old journalistic experience that has led me to cross the Middle East many times ?

– To Jimmy Carter and Valéry Giscard d’Estaing first of all who, during a special G4 February 1978 in Guadeloupe in the French West Indies, decided to release the Shah of Iran and play the card of the Ayatollah Khome i ny.
Let today the disastrous consequences of 38 years of Ayatollarchie, soon 39, with children small children Khome i ny who call Hezbollah, Jihad, Hamas, etc …

– GW Bush then used all the false pretexts , in March 2003, to oust Saddam Hussein from power, to destabilize Iraq, which has become an annex to Iran and to create Daesh

– A Barak Obama finally who, in 2011, withdrew too early American troops from Iraq and believed, too naively, that by signing July 14, 2015 a nuclear deal with Iran, this country could be a factor stabilizer for the Middle East. It’s the exact opposite that happened ;

I will conclude with these words impressed realism held one evening in June 2012 by Vladimir Putin during a dinner state at the Elysee Palace with François Hollande : « You Westerners thought that the Arab revolutions , which led to the departure of Ben Ali in Tunisia, Mubarak in Egypt, Gaddafi in Libya,  » were a good thing You were wrong. Look at the situation, it’s worse than before and you ask me to let go Bashar el Assad and Syria where I have my strategic interests in Tartouss the anchor of my fleet in the Mediterranean, no question, I prefer Bachar El Assad to the Muslim Brotherhood, Salafists and other Islamists. »

No doubt Poutine was right in part but today the Kremlin master must also be wary of his ally in Syria : Iran.