5 ans de guerre, un demi million de morts ! Peut-on encore croire à un règlement de la crise, voire de la tragédie syrienne, qui a aussi provoqué la plus grande crise migratoire depuis la deuxième guerre mondiale et transformé le pays en incubateur de l’Etat Islamique.

Le dernier accord Russo-Américain , en date du 10 septembre, doit nous inciter d’autant plus à la prudence que le 27 février dernier, le même type d’accord avait volé en éclats au bout de quelques semaines.

Aujourd’hui, il s’agit d’appliquer quatre points fondamentaux pour tenter de sortir de la crise :

1. Instaurer un cessez-le-feu durable sur tout le territoire

2. Etablir un accès humanitaire à toutes les zones du conflit

3. Etablir une réelle coopération militaire avec frappes conjointes Russo-américaines contre l’Etat Islamique

4. Enfin, point délicat, reprendre les négociations sur la transition politique.

Le problème, c’est que la multiplication des groupes armés antagonistes pro Bachar El Assad acceptés par les Russes comme le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution Iraniens, des milices chiites Irakiennes et Afghanes (à peu près 20000 hommes sur le terrain), des groupes Kurdes divers et variés et les anti Bachar soutenus par les Etats Unis, l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe, rend la situation compliquée.

Il appartient donc à Vladimir Poutine et à Barack Obama d’exercer les pressions nécessaires sur leurs alliés respectifs et de dissiper la méfiance existant entre eux.

Les deux pays sont-ils capables d’échanger des informations sur les cibles qu’ils doivent atteindre ensemble ?

Les Américains redoutent que les Russes utilisent leurs données pour en savoir plus sur la façon dont ils opèrent pour identifier et attaquer ces cibles à un moment où les forces des deux pays sont très voisines les unes des autres sur le Continent Européen après la crise de Crimée.

L’accord Russo-Américain constitue la première étape d’une fusée à plusieurs étages. Il est nécessaire mais pas suffisant car on est dans une guerre où l’ennemi de son ennemi n’est pas forcément un ami et où les affrontements se sont superposés au fil du temps, rendant toute négociation pratiquement impossible.

Comme l’écrit mon confrère, Adrien Jaulmes, du Figaro : « La Syrie est devenue un patchwork de fiefs ennemis qui se combattent ou s’allient dans un jeu compliqué qui défie l’entendement. »

Quand on passe au peigne fin ce patchwork : Régime Bachar el Assad contre groupes rebelles, Islamistes Chiites contre Islamistes Sunnites, Iraniens Chiites contre Saoudiens Sunnites, Turcs contre Kurdes, Kurdes et Turcs contre Djihadistes de Daech, Russes contre Rebelles, Américains soutenant à la fois les Turcs et leurs ennemis Kurdes du Nord de la Syrie qui combattent ou soutiennent diverses factions rebelles, c’est à ne plus s’y retrouver. Le conflit Syrien est devenu un champ de bataille où s’affrontent armées régulières et milices, acteurs locaux et puissances étrangères (Russie, Iran, USA, Arabie Saoudite)

On est dans un imbroglio des plus complexes. Comme le disent de nombreux experts, pour les rebelles le cessez-le-feu intervient alors que le régime a regagné du terrain et encercle à nouveau Alep, la 2ème ville et poumon économique du pays.

Si la trêve est respectée, elle gèlera la situation en faveur de Bachar el Assad et ses troupes et forcera à terme les rebelles à renoncer à Alep.

Reste que le point le plus épineux : la transition politique et l’avenir de Bachar el Assad sont loin d’être réglés. Mais les Russes, qui sont devenus incontournables et en Europe et au Moyen Orient, veulent sortir du bourbier Syrien.

De sources diplomatiques, ils étudieraient la possibilité de trouver une sortie honorable pour Bachar el Assad, tout en l’excluant d’un Gouvernement d’Union Nationale dont feraient partie certains membres de son Gouvernement et de son parti unique, le Parti Baas, proches de la Russie, avec des représentants de l’opposition modérée acceptés par les Etats Unis et leurs alliés. Mais l’Iran Chiite, allié indéfectible de son cousin Germain Alaouite Syrien, refuse tout départ de Bachar el Assad.

Alors, peut-être, y aura-t-il, à l’horizon, des dissensions au sommet entre l’Iran et la Russie, entre Vladimir Poutine et les Ayatollahs ?

The difficulties of the Russian Americain agreement on Syria

5 years of war, half a million dead! Can we still believe in a solution to the crisis, even the Syrian tragedy, which also caused the largest migration crisis since World War II and turned the incubator countries of the Islamic State.

The latest agreement Russo-American, on September 10, should encourage us even more caution than February 27, the same type of agreement was shattered in a few weeks.

Today it is applied four fundamental points in an attempt to end the crisis:

1. Establish a sustainable cease-fire throughout the territory

2. Establish humanitarian access to all areas of conflict

3. Establish a real military cooperation with joint Russo-American strikes against the Islamic State

4. Finally, delicate point, resume negotiations on a political transition.

The problem is that the proliferation of armed groups opposing pro Bashar Assad accepted by the Russians as Hezbollah and the Guardians of the Iranian Revolution of Iraqi Shiite militias and Afghan (about 20,000 men in the field), of Kurds diverse and varied groups and anti Bashar backed by the US, Saudi Arabia and the Gulf countries, makes the situation complicated.

It is up to Vladimir Putin and Barack Obama to exert pressure on their respective allies and dispel the distrust between them.

Are the two countries can exchange information on the targets they have to meet together?

The Americans fear that the Russians use their data to learn more about how they operate to identify and attack these targets at a time when the forces of the two countries are very close to each other on the European continent after the Crimea crisis .

The Russo-American agreement is the first step of a multistage rocket. It is necessary but not sufficient because we are in a war where the enemy of your enemy is not necessarily a friend and where clashes are superimposed over time, making any negotiation impossible.

As written by my colleague Adrien Jaulmes, Le Figaro: « Syria has become a patchwork of fiefdoms fighting enemies or combine in a complicated game that defies comprehension. « 

When you spend combing the patchwork: Board Bashar Assad against rebel groups, Islamist Shiites against Islamist Sunni Iranian Shiites against Saudi Sunnis, Turks against Kurds, Kurds and Turks against jihadists of Daech Russians against Rebels, Americans supporting both Turks and their Kurdish foes in northern Syria fighting or supporting various rebel factions, is not to find it. The Syrian conflict has become a battleground where regular and militia armies clash, local players and foreign powers (Russia, Iran, USA, Saudi Arabia)

We are in a more complex imbroglio. As say many experts, for the rebel cease-fire comes as the regime has regained ground and circle again Aleppo, the second city and economic heart of the country.

If the truce is respected, it will freeze the situation for Bashar al-Assad and his troops and eventually force the rebels to abandon Aleppo.

Still, the most difficult issue: the political transition and the future of Bashar Assad are far from settled. But the Russians, who have become unavoidable and Europe and the Middle East, want to leave the Syrian quagmire.

Diplomatic sources, they would study the possibility of finding an honorable exit for Bashar Assad, while excluding a government of national unity which would be part of some members of his government and his single party, the Baath Party, relatives Russia, with representatives of the moderate opposition accepted by the US and its allies. But the Shiite Iran, staunch ally of his cousin Germain Alawite Syrian, refuses any departure of Bashar al Assad.

So, perhaps, there will be there, on the horizon, dissension summit between Iran and Russia, between Vladimir Putin and the Ayatollahs?